Les Jeux, fin de l’histoire…
Jeudi 25 février 2010Le retour en France a été rapide après le super-g de Whistler. De toute façon c’est difficile de savourer pleinement quand on se plante. Un bain de foule dans les rues de Vancouver m’a redonné le sourire et l’énergie…. Ces canadiens sont étonnants, tous super gentils et souriants, ils encouragent tout le monde dans un état d’esprit très sain, impossible de faire 3 mètres en ville sans se faire arrêter pour se faire photographier et entendre “Go France, Go France”.
Pour en revenir aux courses, mon impression d’échec est grande et surtout depuis mon retour en France. Car c’est en regardant les Jeux à la télévision qu’on se rend compte de l’impact de l”évènement.
Ce qui est un moteur pour certains et un frein pour d’autres…. Je pense sincèrement être retombé dans mes “travers” en me focalisant sur un résultat. Mais quoi de plus normal aux Jeux puisqu’il n’y a que la médaille qui compte! Sauf que je ne fonctionne pas comme ça et je l’avais bien compris en ce début de saison de coupe du monde. Car pour moi l’essentiel est la manière, les sensations, l’engagement et la détermination, c’est ce qui m’a permis d’être parmi le top 5 en descente. Durant toutes les coupes du monde je n’ai jamais pensé au podium et arrivée aux Jeux je me trompe de combat. D’autant que la piste était d’un niveau très élevé et les conditions de neige et de visibilité ont augmenté la difficulté.
Maintenant la page des Jeux est à tourner car il reste encore deux semaines de coupes du monde et encore le moyen de retrouver le plaisir et la glisse! Je retiendrai des Jeux de très grands moments malgré tout. C’est toujours hyper motivant de voir les collègues des autres disciplines gagner et bravo à eux d’avoir brillé. Il y a eu aussi “l’American Power” en ski alpin et cette force qui les pousse à se surpasser lors des Jeux. Il y a eu des moments tristes avec les déceptions, la blessure de Marion Rolland dans des conditions improbables et tellement dures et aussi l’accident du lugeur georgien, évènement qui nous fait prendre beaucoup de détachement et de recul.
Et pour finir j’ai trouvé ces quelques phrases de Dawa Sherpa, grand traileur népalais infiniment respecté et très grand champion, de quoi méditer car lui c’est un vrai cador!
“Pour moi, la course, c’est avant tout le plaisir de rencontrer des gens et d’échanger. Le classement n’est pas ma priorité. L’idée de ’’se faire mal’’ n’est pas dans mon esprit. J’écoute toujours mon corps et, quand je souffre, je ralentis. Si le plaisir n’est plus là, je préfère arrêter. Tout ce que j’ai appris au monastère, je m’en sers tous les jours, dans ma façon de penser et de gérer les choses de la vie. Le corps et l’esprit doivent être en communion. Le stress, la jalousie et l’envie sont les trois choses qui font le plus de dégâts chez l’homme, et j’essaie de les vaincre”
“Mmmmmm, merci May pour l’article, il m’a ouvert une porte…”
Salut à tous et merci d’être toujours là, avec moi, quoi qu’il se passe!
A ciao




26 février 2010 à 23:48
Merci pour ce joli billet. Même si les phrases de D. Sherpa sonnent bizarrement dans la bouche (enfin sur le clavier) d’une compétitrice de haut niveau …
3 mars 2010 à 13:29
bonjour,
meme si il n’ y a pas de medaille au bout vous resterez une grande championne quand meme .
bonne chance pour la suite et surtout bon courage et MERCI de nous faire vivre des supers moments.
6 mars 2010 à 18:10
Bravo quand meme ! Tu as tres bien skier meme si tu n a pas eu de medaille. Je trouve que l essentiel est de participer.
Gros bisous Joana
7 mars 2010 à 20:13
You’re very, very welcome! ;o)
Tu sais quoi? Tu m’aides beaucoup aussi!!
Tu sais l’effet que ça me fait? Ce qu’on envoie ainsi, rebondit, “impacte”, puis irradie et nous voilà à nouveau baignés dedans, comme les ricochets et les ronds dans l’eau. Alors, Merci aussi !
Don’t worry! Tout cela est très dur, évidemment, mais va t’apporter un surcroit de vraie force, profonde et solide, à la mesure de ce que tu as construit depuis tant d’années.
“A tout le temps!”